La vérité et autres mensonges

Recherches

Je savais tout simplement pas quoi faire. Mon dernier rendez-vous avec M ne s’est pas très bien passé. J’ai fini par lui dire que je voulais voir un psy, en plus d’elle. Ce que je pensais vraiment dans ma tête, c’était : "mais toi, tu n’arrives pas à m’aider, alors que je croyais que si !" J’étais déçue. J’ai trop attendu d’elle. Personne ne peut me gérer seul… Je suis ingérable. Ou alors peut-être qu’il faut une sorte d’armée de personnes bienveillantes.

Du coup, je vais avoir une psy, en plus de mon suivi au CSAPA. Et j’ai aussi fait quelque chose que je n’avais pas fait jusque-là. Chercher des endroits sur Internet pour parler de mes problèmes d’alcool. Sur un coup de tête, parce qu’en réalité, je ne pense pas que cela m’aide vraiment. Pour l’instant, le résultat est une foule de réponses générales, d’avis de gens inconnus avec des histoires toutes différentes de la mienne, et pas grand-chose qui me donne le sentiment d’être soutenue…

Pourquoi je m’acharne, en fait ? Je commence à me sentir fatiguée. Fatiguée de faire tous ces efforts, toutes ces recherches. Je ne sais pas où ça me mène. Et je continue de boire, de céder, d’avoir mes moments où je craque et où je ne veux rien faire d’autre que de continuer à descendre la bouteille, puis de passer à une suivante si ça ne suffit pas à m’assommer. Oui, parfois je me sens tellement mal que je veux m’assommer, disparaître, m’endormir sans m’en rendre compte ; ça m’arrive de me réveiller certains matins et de ne plus du tout me rappeler comment j’ai fini dans mon lit, écroulée en travers de la couette, avec la tête lourde, la bouteille vide qui traîne au sol étant la première chose que je vois quand j’ouvre les yeux. Et le pire, c’est qu’il m’arrive aussi de ne pas trouver cette situation horrible, de croire que c’est une sorte de payement : quelques heures de gloire le soir, la gueule de bois le lendemain pour "compenser" la fête de la veille.

J’ai beau chercher, encore et encore, je ne trouve ni véritable soutient autour de moi, ni vraies réponses à mes questions. Par moments, j’aimerais dire ce que je vis à ma mère et à mon frère, et j’aimerais qu’ils puissent jouer leur rôle, être ces fameux membres d’une famille unie supposée se serrer les coudes. Mais ils ne sont déjà pas très à l’écoute, alors si en plus je me ramène en leur exposant mon nouveau problème… Pas sûr que j’aurais beaucoup de compréhension.

Là, je me sens super triste d’écrire tout ça… Je la ressens à nouveau, cette sensation affreuse. La solitude qui me bouffe le coeur. L’impression d’étouffer seule dans l’eau pendant que tout le monde s’amuse à nager. L’envie de picoler pour oublier toutes ces pensées terribles. Le vide qui m’attire, la colère qui me ronge, la tristesse qui va encore me faire pleurer sans que je puisse m’arrêter… Putain de monde. J’aurais aimé mourir ce jour-là, le 23 mai, juste après le concert ; je serais morte heureuse et je n’aurais plus jamais eu à supporter tout ce bordel.