La vérité et autres mensonges

Punition

J’ai l’impression de ne pas avancer. Je commence à penser que c’est inutile de me fixer des règles idiotes comme de ne pas boire dans la journée ou de me limiter à telle quantité… parce que le temps passe et que je suis toujours une imbécile accro qui n’a que l’alcool comme défense face aux emmerdes. L’idée de tout arrêter d’un coup commence à me tenter. Au moins, là, je verrai mes progrès.

Hier, je n’ai rien bu. Pourquoi ? Je ne suis pas sûre de savoir. J’ai juste pensé que je ne méritais pas de picoler, que je ne méritais pas ce soulagement. C’était une sorte de punition. Disons que, à force d’être seule, je dois remplir les rôles de maître et d’esclave ; c’est une sorte de roue qui tourne et ne s’arrête jamais, un coup je me récompense ou me puni, et le jour suivant je n’arrive à prendre aucune décision. On s’ennuie, quand on est seul. Beaucoup. Tellement qu’on en vient à faire des choses stupides, n’importe quoi, du moment que cela dissipe cette sensation d’étouffer et de ne pas exister…

J’ai fait un rêve, la nuit dernière. J’ai rêvé d’une jeune femme rousse avec des yeux verts. Elle ne m’a pas dit comment elle s’appelait, elle m’a simplement caressé les cheveux. Si simple. Si beau. Un rêve qui pour moi est aussi près de se réaliser que celui de vivre sur une autre planète.

" Peut-être que cela me fait du bien d’avoir l’impression de ne pas être là." Encore une citation d’un roman de Patricia Cornwell. Pourquoi je bois ? Parce que rien ni personne ne me donne la sensation d’exister, alors je finis par avoir envie de me sentir disparaître. Peut-être qu’ils ont tous raison, que je suis la seule à m’illusionner et à croire que j’ai une vie, que je suis vivante, que je dois poursuivre ce chemin…